Références : article paru dans le journal L'UNION du 7 janvier 2010

 

  Faire évoluer le paysage intercommunal constitue pour les élus locaux et les sous-préfets, en ce début d’année 2010, leur contribution obligée à la réforme territoriale.

Ce sont de leur part des vœux pour leurs administrés auxquels ils souhaitent une vie meilleure dans des structures intercommunales plus riches et plus fortes, ils rêvent pour eux-mêmes, Messieurs les sous-préfets, d’objectifs atteints sur leurs tableaux de bord avec en prime la satisfaction de rendre une copie flatteuse avant d’être appelés à d’autres missions sous d’autres cieux. Ils rêvent, certains élus, posant complaisamment devant l’objectif d’un « désir d’avenir », d’un autre destin.

 

2012, date étape, 2014, date ultime de cette évolution, composante ou étape incontournable de la réforme du Président et du gouvernement portant refonte des institutions territoriales dans leurs compétences, leurs finances et le mode de désignation de nos représentants. La création d’un nouveau mandat de conseiller territorial implique au préalable de définir un territoire qui pourrait se confondre avec le périmètre des nouvelles intercommunalités. En extrapolant, pour notre arrondissement, trois intercos dopées = trois territoires = trois présidents =  trois conseillers territoriaux = objectif atteint pour cette partie de la future loi prévoyant de diviser par 2 le nombre de conseillers généraux et régionaux. De quoi donner subitement des idées à certains !

En soi, rien d’inavouable, mais alors autant être sincère et ne pas faire diversion, rien de critiquable si ce n’est que dans tout cela les projets et l’intérêt général sont désespérément absents.

 

Monsieur le sous-préfet et les membres des différents groupes de travail seraient mal inspirés à promouvoir une interco politico-administrative, il est aujourd’hui parfaitement péremptoire d’affirmer que demain il nous faut que 2 ou 3 intercos dans l’arrondissement sur des critères contestables quant à leur pertinence et ne reposant sur rien de factuel quant aux volontés des populations concernées.

Certes les élus, nos représentants, ont une légitimité, celle des urnes. Pour autant dans cette affaire, ils ne sont pas dépourvus d’arrière-pensées. Rappelons-nous comment se sont constituées certaines de nos actuelles intercos, regardons-en la traduction sur le terrain, c’est d’ailleurs cette évidence qui nous oblige aujourd’hui à réfléchir à l’évolution des intercos certaines bâties à minima de compétences, quasi vides, simplement pour être tranquille et mettre fin à la pression administrative et au chantage des subventions, d’autres sur des affinités entre élus et des sensibilités politiques partagées constituant des petits fiefs de gauche ou de droite, d’autres défensives pour ne pas avoir à dépendre et à travailler avec un président avec qui on ne s’entend pas, rares sont celles pour qui l’intérêt général et l’efficacité ont servi de ciment et de moteur.

Posez-vous la question sont-ils les mieux placés pour faire évoluer sereinement la carte intercommunale ?

Il serait plus raisonnable de requérir l’avis des habitants au préalable, ce n’est en aucun cas un déshonneur, ou un désaveu, par contre c’est un gage d’une interco du meilleur car voulue, décidée contre celle du pire, celle décrétée.

 

Quel type d’interco veulent nos concitoyens ?

-          une interco de services garante d’équité d’accès à des services de bon niveau en qualité d’efficacité à des coûts maîtrisés

-          une interco structurante ajoutant aux services les grands outils nécessaires qui a la qualité de vie et concours à l’exercice de compétences élargies

-          une interco citoyenne créatrice de lien et de proximité entre les habitants aux compétences étendues dans les domaines culturel,  social, du logement et de  l’urbanisme

-          une interco respectueuse de la souveraineté de la cellule de base de la démocratie – la commune – appliquant le principe de subsidiarité

-          une interco supra communale porteuse de la disparition des communes

-          une interco qui rapproche ou une interco qui éloigne et divise

-          une interco créatrice d’identité s’appuyant sur la volonté de la population d’appartenir naturellement à un regroupement d’intérêts communs définis ensemble, respectant les choix de vie des habitants (rural ou urbain)

-          une interco territorialement évidente dans son périmètre puisque celui d’un sous bassin de vie.

Ne nous interdisons rien dans notre réflexion, efforçons-nous d’être humbles et candides en ne nous substituant pas aux souhaits des habitants.

Chiche, mettons tout à plat ! sans tabou.

 

Ainsi, Monsieur le Maire de Sapignicourt pourrait réfléchir sur les coopérations de sa commune en prenant comme références les centres d’intérêts des Sapignicourtois.

Ne sont-ils pas naturellement orientés vers Saint-Dizier et donc l’interco Der et Perthois à laquelle a intelligemment choisi d’adhérer une commune voisine marnaise.

Leurs coutumes et leurs habitudes :

-          commerciales (où vont-ils faire leurs courses)

-          sportives (dans quelle piscine nagent-ils)

-          culturelles (où vont-ils au cinéma, à la danse…)

-          services publics (quel code postal)

-          santé (quel cabinet médical fréquentent-ils, dans quel hôpital de proximité se font-ils soigner ?

-          où travaillent-ils ? Sur ce dernier point Monsieur le Maire de Sapignicourt nous montre la voie, fonctionnaire d’état, il a obtenu d’être affecté à Saint Dizier, plus commode car plus prés de chez lui.

Ce sera donc pour lui un grand soulagement de pouvoir faire évoluer sa commune dans une grande interco répondant à ses attentes exprimées (et compréhensibles).

 

Voilà, Mesdames et Messieurs les élus, soyons transparents, intellectuellement honnêtes, questionnons nos concitoyens pour être éclairés de leurs visions et de leurs souhaits.

Faites progresser l’interco en permettant que les habitants se l’approprie et la reconnaisse comme un niveau incontournable et indispensable dans notre organisation territoriale.

 

 

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