Comme prévu, il ne fallait pas s’attendre à grand-chose d’une commission départementale sur l’intercommunalité composée de membres qui avaient à tirer profit du résultat. C’est la notion de juge et partie qui bizarrement a été oubliée dans cette affaire, laissant la place aux interprétations de celles et ceux qui s’estimant lésés ont pu crier à la combine,  à l’injustice et à la collusion. Il est donc assez logique qu’aujourd’hui, la responsabilité repose entièrement sur Monsieur le Préfet qui doit s’affranchir de tous les contentieux accumulés dans le temps par les hommes et des procès d’intentions au profit du seul intérêt général.

Pour notre arrondissement de Vitry, nous plaidions dans ce même blog en mai 2011 [article 1, article 2, article 3] pour une remise à plat totale de l’intercommunalité telle qu’elle se présente aujourd’hui. Cela ne voulait pas dire tout bouleverser, il existe des situations pertinentes. Un pas a été franchi dans ce sens, mais faute d’avoir été jusqu’au bout de la démarche, il perd de sa portée et crée des situations apparaissant comme injustes parce que, contre toute logique, certains traitements sont perçus par les intéressés comme discriminatoires, et font de ceux qui n’ont pas été entendus des victimes.

Je prendrai comme exemple la réaction de Couvrot, d’autant plus virulente que ses élus se sentent condamnés à payer pour expier leur faute : celle d’avoir refusé en son temps de faire partie d’une communauté de communes. Cette analyse est concevable puisque d’autres communes, qui avaient vocation à faire partie de l’aire urbaine de Vitry, ont échappé à la sanction.
La seule raison visible à ce traitement particulier est qu’elles appartiennent déjà à une communauté de communes. Le démembrement était possible, il était en la circonstance souhaitable au regard de l’état d’esprit et des considérants qui avaient présidé à leur création. Certains objectifs revendiqués lors de leur constitution étant peu avouables et contraire à la bonne administration intercommunale.

Ceci étant, les piques lancées à droite et à gauche contre les élus résistants, y compris en des lieux et circonstances déplacés comme la cérémonie des vœux aux personnels municipaux et intercommunaux de Vitry, ne faciliteront pas la tâche demain. Cela ne fait que contribuer à entretenir la polémique et dissuade même en nourrissant les craintes.
Pourtant en petit comité chacun l’admet, il faut que notre bassin de vie de moins de 50 000 habitants, s’il veut  exister dispose d’une commune-centre et d’une intercommunalité ressource suffisamment fortes en moyens et en population pour assumer les charges de la centralité et les investissements structurants, pour répondre aux bonnes conditions de vie sur le territoire et le rendre attractif.
L’avenir sera commun entre l’aire urbaine de Vitry et le reste de l’arrondissement ou n’existera pas. Personne ne tirerait profit durablement de l’affaiblissement continu de la ville-centre qui conduirait à une partition de faite entre deux sphères d’attraction que sont Saint-Dizier et Châlons-en-Champagne. La tentation existe aujourd’hui pour notre population de voir jouer à ces villes le rôle que l’on aurait refusé à Vitry.

L’exercice même de la démocratie au sein de la communauté de communes ne répond pas toujours à ce que l’on peut raisonnablement en attendre, mais pour ceux qui doivent rejoindre l’intercommunalité vitryate, il leur appartiendra de l’intérieur de faire évoluer les pratiques, pratiques que l’on doit à des postures, des ambitions, des affinités politiciennes. Il leur appartiendra aussi de se faire entendre et respecter au profit de leurs concitoyens.


M.BIARD

Retour à l'accueil