La baisse démographique à Vitry, à chacun sa grille de lecture
11 janv. 2012Grand moment journalistique au 19h de France 3 (le 03-01-2012), au titre des sujets retenus pour le journal régional : la baisse record de la démographie à Vitry-le-François avec comme invitée Mme DOREMUS envoyée là non pas pour ses compétences, mais pour exister en vue des prochaines législatives. « Marianne, il faut que tu te montres » lui ont dit ses amis.
Mme DOREMUS, relayant J-P. BOUQUET qui s’exprimait dans L’Union du jour, a expliqué de façon confuse que cette baisse n’existait pas, que c’était les méthodes de calcul de l’INSEE - Institut National de la Statistiques et des Études Économiques - qui étaient mauvaises. D’ailleurs a-t-elle conclu, comme élément imparable à sa démonstration, l’INSEE ne prends pas en compte la démolition des Violettes … Imaginez les Champardennais devant leur poste de télévision combien leur parle la démolition des Violettes. Autre cause de cette baisse, la rénovation urbaine qui aurait chassé les habitants.
Nous nous devons de réagir à de telles inepties. Dans les deux cas les analyses sont fausses et elles dispensent de s’attaquer aux vrais problèmes. Les politiques aiment manipuler les chiffres pour mieux manipuler les gens, mais quand ces chiffres les dérangent dans leur démonstration, inévitablement c’est leur méthode d’obtention qui est erronée. La méthode utilisée importe peu, l’important c’est de maintenir la permanence dans le temps des éléments de calcul pour comparer ce qui est comparable et mesurer une tendance. C’est ce qui est fait et bien fait par l’INSEE (son professionnalisme ne saurait être remis en cause). La tendance est à la baisse démographique, les Vitryats s’en rendent compte tous les jours.
Quant au PRU - Programme de Rénovation Urbain-, c’est parce que la vacance était forte (beaucoup d’habitants étant partis) que l’on a pu démolir, sans tension aucune sur le logement et ce même avant la phase de reconstruction. Par contre, si cette vacance était forte en 2002 c’est parce que dès les années 90, M.BOUQUET n’avait pas mis en place une opération de rénovation d’un habitat social devenu (c’était le cas de certains bâtiments) indigne. C’est cela qui a fait fuir les habitants et contribuer à donner à Vitry une mauvaise image. Le PRU dès 2003 s’est attaché à réhabiliter cette image, mais malheureusement le mal était fait.
Quant à la stabilisation de la population, il est sûr qu’elle arrivera un jour, à combien : 14 000, 13 000,... En-dessous peut-être ? Difficile de le dire aujourd’hui. Ce qui est sûr, que faute d’affronter les problèmes on ne risque pas d’inverser la tendance.
Ce que l’on observe c’est plus un jeu de taquin où l’on quitte certains logements pour des produits nouveaux, aux loyers plus élevés, créant encore plus de logements vides dans l’ancien social. Ainsi on détruit le peu de mixité social en y concentrant la très grande fragilité, au risque de déqualifier certains immeubles rénovés, accentuant l’image négative perçue de l’extérieur.
Autre désaccord avec les propos fréquemment entendus : la fiscalité. Oui en 2001 elle était confiscatoire et donc insupportable (fruits des erreurs de la décennie passée), mais après avoir rétabli la sincérité budgétaire dès le budget 2001, les taux ont été bloqués depuis 10 ans rendant la contribution un peu plus supportable. Nous devons nos taux encore élevés a un déficit de nos bases, encore un héritage du choix du logement social à outrance, et au peu d’effort à maîtriser nos dépenses de fonctionnement.
M.BIARD