* l’envers et l’endroit (1937), essai d’Albert CAMUS


Propos tenu par M.BIARD lors de la délibération du Conseil Municipal du 09/12/2010 :

 

Sur ce dossier nous avons évolué. Un peu d’histoire pour ne pas perdre de vue l’objectif, qui dès 2007, nous avait fait proposer à l’assemblée municipale la réalisation pour les Vitryats, mais aussi pour toute une population du pays Vitryat, d’une nouvelle bibliothèque. Une bibliothèque n’est pas un équipement culturel complétant une offre culturelle, c’est aux yeux de beaucoup d’habitants l’équipement culturel de référence et indispensable de nos villes.

 

Certes il existait déjà une bibliothèque (en réalité 2 = 1 adulte + 1 enfantine), mais elles présentaient (les 2) un certain nombre d’inconvénients :

  • Pour la 1ère, la bibliothèque adulte, son accès à l’étage, difficile pour les personnes à mobilité réduite, exigüité des locaux, difficulté de recevoir des groupes et surtout l’impossibilité de conduire des travaux d’ampleur dans les locaux.
  •  Pour la 2ème, la bibliothèque enfantine, nous étions en location et le propriétaire nous avait fait savoir qu’il avait besoin de ses locaux (déménagement de l’école de la salle vers le PIC)

Devant ce constat, ouvrant la réflexion qui doit toujours précéder la décision et l’action, notre choix s’était porté sur l’emplacement de la place Giraud (qui constitue en l’état un délaissé public).  Ce choix participait de plusieurs objectifs, la recomposition du paysage urbain de cette place avec la fusion de l’équipement dans son architecture, un coût d’opération verrouillée (nous achetions des m²), une parfaite intégration, un projet modeste sans être minimaliste, une situation idéale au cœur de la ville, de plus et ce n’était pas négligeable, la bibliothèque apportait aux activités commerciales de la place des conditions optimales de fonctionnement tout en confortant celles des artères proches (rue A.BRIAND, Av. MOLL). C’était une façon de redynamiser cette partie du centre ville en participant à son animation. C’était un bon projet !

 

Notre évolution, tient d’un autre constat : la nouvelle majorité issue des élections de 2008 avait une autre vision sans remettre en cause la nécessité de doter Vitry-le-François de cette bibliothèque. Le temps (prolongé) consacré à la réflexion nous a permis d’intégrer d’autres éléments, par exemple il existe déjà une médiathèque mais force de constater qu’elle n’a pas su trouver toute sa place dans la ville, il existait en outre une forte attente concernant un espace muséographique. C’est la synthèse de ces besoins qui nous a fait admettre le principe d’un projet à part entière, une autre démarche avec son propre processus, celui-ci pour autant n’imposait pas son déplacement !

 

Intégrer la nouvelle démarche n’était pas conditionné à son déplacement. Nous n’avons pas évolué (il est bon de le préciser), si le fait de réaliser le projet, objet de cette délibération, implique la disparition du stade Jules Ferry et ce tout simplement parce que des possibilités existent de faire sans.

 

Autre point, nous demandons au conseil municipal de confirmer par son choix que nos objectifs n’ont pas changé, que cet équipement est bien celui des Vitryats.

 

Nous demandons au conseil municipal de refuser le diktat (sans autre justification que le rapport de force) de ceux qui veulent faire de ce projet, leur projet !

 

Nous voyons dans ce projet, imposé, une rupture avec les codes architecturaux de notre ville (exception faite de la zone industrielle) :

-          Un projet qui propose une architecture tout en rupture de forme, faite de polyèdres
-          Un projet en rupture d’intégration, aucun lien, aucun fil rouge,
-          Un projet sans aucune symbolique identitaire rappelant l’objet du lieu ou son environnement
-          Un projet très éloigné de la lettre de commande, avec des choix techniques contestables (mais dont on nous dit qu’il pourra évoluer !) Pourquoi alors établir un cahier des charges si ceux qui y répondent le mieux sont éliminés sous prétexte qu’ils ne pourraient eux « évoluer » !!!!!!

 

Comment un projet répondant justement à cette lettre programme, en accord avec notre culture et nos traditions locales du bâti est éliminé au profit d’un autre présentant comme intérêt majeur un soit disant travail savant sur les volumes et les revêtements extérieurs, tellement savant, sûrement trop savant pour être perçu comme tel par les Vitryats qui comme nous, n’y verront que du bardage_ couteux certes_ mais du bardage !

 

Nous avons là l’administration manifeste d’une architecture centrée sur elle-même, sur une certaine idée de l’esthétisme et qui ne se préoccupe pas assez de son environnement social, vous savez les gens comme vous (les conseillers municipaux), comme nous (l’opposition municipale), comme les Vitryats : des gens ordinaires. L’architecture ne doit pas rester qu’aux mains des professionnels. Cet équipement fera partie de la vie de ces gens ordinaires, pas de la leur.

 

A nous de leur faire entendre, par notre indépendance rappelée au cours de cette délibération.

M. le Maire, c’est aussi, c’est devenu votre projet politique ne vous le laisser pas confisquer.

C’est dans cette voie et dans cette voie seulement que nous vous accompagnerons !

 

Pour information, seule l’opposition conduite par M.BIARD s’est opposée à la délibération en votant contre.



Petit supplément :

Étant friand de citations, M. le Maire, nous vous laissons méditer cette citation d’Albert CAMUS, illustre écrivain-philosophe français, à qui vous avez souhaité rendre hommage en baptisant de son nom ce futur nouvel espace multiculturel.

« L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain

et le silence déraisonnable du monde ». 


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