L’école de musique surbookée
14 sept. 2011
L’école de Musique à Vitry est à la fois un lieu d’enseignement, de loisirs et de culture, apprécié par beaucoup et jouissant d’une bonne réputation depuis fort longtemps auprès des enfants comme des adultes, de Vitry et de l’extérieur. Le nombre d’inscrits augmente, ce dont on peut se réjouir, avec toutefois un bémol : les capacités d’accueil (locaux, professeurs, horaires) ne sont pas extensibles. Pour certains instruments particulièrement prisés, il est nécessaire de passer par une attente qui peut-être plus ou moins longue.
Comment répondre à ces demandes croissantes ? Comment restaurer de la souplesse?
Tout cela sans grever le déficit, malgré la bonne fréquentation.
Cela fait des années que l’école musique occupe les anciens locaux de Ferdinand Buisson. Locaux d’ailleurs pas conçus à l’origine pour y caresser Euterpe. Cela n’avait pas échappé à la précédente municipalité qui souhaitait mener une réflexion approfondie sur le transfert de l’école de musique en y intégrant les besoins de l’école maternelle Ferdinand Buisson. Elle pensait qu’il existait des données communes à ces deux problèmes.
L’actuelle équipe municipale en place a opté pour une restructuration de l’ensemble de salles de musique (isolation thermique, phonique…) pensant en faire un lieu répondant aux besoins des mélomanes en herbe ou confirmés. Cela ne sera un luxe pas que de remettre un coup de peinture sur les murs défraîchit. Ce rafistolage sera d’ailleurs l’occasion d’une énième inauguration, car ce « nouveau lieu » a déjà un nouveau nom : « École municipale de Musique Jean-Michel SCHAEFER », en mémoire de l’ancien adjoint aux affaires culturelles de la deuxième mandature de M.BOUQUET.
Notre approche du problème, plus logique car pensé, aurait conduit à se reporter vers un lieu avec une plus grande capacité d’accueil et véritablement conçus pour y faire de la musique. Entre le coût de la construction d’une nouvelle maternelle à Ferdinand Buisson (plus de 800 000 €), les déboires et le coût de la restructuration de l’école de musique (erreur dans la pose du double vitrage, souci dans la pose des matériaux phoniques,…), il aurait été plus sensé de réfléchir à une nouvelle école de musique. D’autant que nous ignorons l’évolution des effectifs à Ferdinand Buisson sur fond d’intercommunalité (il est prévu que la gestion des affaires scolaires devienne une compétence de la communauté de communes)
Cela aurait été l’occasion de transférer l’école de musique vers un lieu plus pratique d’accès. En effet, pour les utilisateurs, il est difficile d’y rentrer, d’y stationner et d’en sortir, surtout aux heures les plus fréquentées.
Comme dans la situation actuelle, on ne peut pas pousser les murs, cela coince, car il y a plus de demandes que d’offres. Aux jours d’aujourd’hui, il est politiquement incorrect de donner un accès prioritaire aux contributeurs directs à savoir les Vitryats. Rappelant tout de même que l’école de musique est un service municipal, donc à destination des habitants de Vitry-le-François. Même si les extérieurs payent une contribution plus importante, ce qui est logique, peuvent-ils de ce fait prendre la place des Vitryats ? Faut-il instaurer des quottas ?
Quels choix pour les Vitryats qui souhaitent faire de la musique et qui ne le peuvent pas ?
- Attendre que l’on pousse les murs. Ce n’est pas au programme.
- Attendre qu’il y ait des défections sur les listes d’attente. Vu la demande, c’est difficile à imaginer, il faut juste être patient, voir très patient, et encore plus pour les adultes, car la politique actuelle c’est de donner la priorité aux enfants.
- Autre alternative : fréquenter une autre école de musique sur Châlons ou sur Saint-Dizier, ou recourir à des cours particuliers. Quel dommage que d’avoir dans sa commune un équipement auquel on ne puisse pas profiter.
Autre solution, donner les moyens à l’école de musique de se développer dans le cadre de l’intercommunalité. En effet, pourquoi le fonctionnement et la gestion de l’école de musique ne deviendraient-ils pas une compétence communautaire? Partant du principe qu’un bon nombre d’habitants de la couronne vitryate ont naturellement accès à ce service, il ne serait pas aberrant que de faire participer les communes aux alentours à l’évolution de cet indispensable outil culturel. Chacun ainsi contriburait à l’essor d’une demande. Cet équipement reste une source d’attractivité non négligeable, pourquoi alors ne pas songer à leur offrir plus de moyens à ce service. La communauté de communes peut nous y aider, pourquoi personne n’en parle ? J’irais même jusqu’à dire pourquoi personne n’en a eu l’idée ?
Cela fait beaucoup d’interrogations sans réponse. Et qui le resteront après le replâtrage et la transformation de l’école maternelle Ferdinand Buisson.
J.HARLE