ecole Louis PasteurLe lundi 9 janvier, un fonctionnaire du service des affaires scolaires de la mairie a convié par téléphone des parents d’élèves du primaire à une réunion en mairie le lundi 16 janvier à 17h. Seraient présents à cette réunion : J-P.BOUQUET maire et président de la communauté de communes de Vitry-le-François, M.DOREMUS 1ère adjointe chargée des affaires scolaires, de la formation, de l'éducation,... et  des représentants de l’inspection académique.

Objet de la réunion : l’évolution de la carte scolaire de Vitry pour la rentrée 2012-2013.

On peut s’étonner de cette manière cavalière et jamais vue, d’inviter précipitamment des personnes à une réunion et ce par téléphone. On est bien loin des règles les plus élémentaires qui veulent que cela se fasse par courrier dans des délais permettant d’organiser la disponibilité des personnes. L’avantage de la méthode employée c’est de ne laisser aucune trace écrite et de ne pas conférer un caractère officiel à cette rencontre. Dans ce sens, nous pouvons remarquer que ce rendez-vous ne figure pas dans l’agenda politique consultable sur la page d’accueil du site internet de la ville.

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Au passage, l’horaire de cette réunion (début à 17h00) peut être incompatible avec les horaires de parents qui ne peuvent se libérer de leur travail ou de leurs occupations familiales.

Si dans la forme l’invitation est critiquable, elle l’est tout autant dans son objet. Il est discutable que dans ce type de réunion politico-technique, qui se tient théoriquement entre les élus et des personnes de l’inspection académique en présence de l’inspecteur primaire, soit associés les parents d’élèves. A moins… qu’il y ait un intérêt à la présence (souhaitée) des parents d’élèves à cette réunion !

Quelques idées de réflexion pour tenter d’expliquer cette présence inédite et surprenante des parents d’élèves à ce type de réunion :
- Commençons par ce qu’il y a de peu probable, mais nous ne pouvons pas l’écarter : l’annonce que dorénavant la carte scolaire va devoir intégrer d’ici peu un changement d’échelle de part l’intercommunalisation de la compétence scolaire (déjà évoqué de ce même blog le 13 avril 2011). Trop technique, pas encore assez aboutie dans la réflexion et même si les enjeux ne sont pas bénins pour le maintien des effectifs dans nos écoles vitryates (accueillant de nombreux enfants de « l’extérieur »), cette mesure est électoralement peu porteuse.

- Il paraît plus probable que ce soit une mise en scène politicienne pour tenter de faire passer une pilule qui serait très difficile à faire avaler. Objectif : faire partager le courroux des élus placés devant les faits  de la fermeture de classes à Vitry et assurer de leur soutien ceux qui en seraient les « victimes ». Pour y parvenir et crédibiliser leur position, il importe que des personnes neutres témoignent devant l’opinion de cette lutte du pot de terre (les élus et les parents d’élèves) contre le pot de fer  (l’État et sa politique néfaste). Ces parents seront d’efficaces relais auprès des autres familles, ils pourront rapporter ce qui aura été dit et les positions des uns et des autres durant cette réunion. Et oui devant les grilles ou les portes des écoles, les parents échangent, parlent et discutent de tout et de rien. En la circonstance, il ne s’agit pas de rien, mais de la suppression de classes et de postes d’enseignants avec comme conséquence directe une hausse des effectifs pour certains niveaux, s’en suivant une dégradation des conditions de travail des enfants,… Sur de tels sujets les parents sont facilement mobilisables pour ne pas dire manipulables.

C’est un état de fait, il y a une baisse démographique à Vitry, cela se répercute mathématiquement sur les effectifs scolaires et malheureusement sur l’école. Aucune ne sera épargnée à terme. Il va être difficile, face à cette vérité, d’assumer politiquement la fermeture des classes surtout à l’approche des élections, de surcroît lorsque l’on cumule un certain nombre de postes et que l’on vise d’autres fonctions. C’est pourtant l’acrobatie à laquelle va devoir se prêter Mme DOREMUS candidate aux législatives qui est à la fois chargée des affaires scolaires à la ville, membre de la commission des affaires éducatives du département, accessoirement remplaçante enseignante.
Même si cette funeste décision est commandée par l’institution, il faudra la mettre en place en faisant le moins de dégâts. Il faut se rappeler que quelque soit la couleur politique du gouvernement (de droite ou de gauche), suivant les effectifs, l’institution a toujours pratiqué des fermetures mal perçues par les familles.  Pour ne pas écorner son image, Mme DOREMUS doit absolument se montrer compatissante et aux côtés de toutes ces familles victimes d’une décision qui sera vécue comme injuste. Une telle posture pourra lui permettre de ne pas assumer les décisions qui seront prises. C’est une façon subtile de mener à la fois un combat sans y perdre ses plumes et sans pour autant s’attaquer au fond du problème.

Qui dit fermeture de classes, dit enseignants qui perdent leur poste. Juste pour information un enseignant titulaire qui voit son poste fermé, est automatiquement placé en carte scolaire (c’est le jargon du métier). Cette mesure lui permet d’intégrer en priorité un nouveau poste ailleurs dans l’académie. Certes si l’enseignant perd son poste, l’obligeant parfois à déménager, il ne perd pas son emploi ce qui n’est pas forcément le cas des employés de service, et cela l’est encore moins dans le secteur privé. Dans « le pire des scénarii » il peut devenir remplaçant, ce qui n’affecte en rien son traitement salarial. Soit dit en passant, le poste de titulaire remplaçant peut-être relativement apprécié par certaines personnes car c’est la garantie d’avoir une paye sans pour autant travailler avec des élèves tout en s’occupant par ailleurs à d’autres tâches parfois lucratives…

Nous ne manquerons pas de vous tenir informer de l’évolution de ce dossier.



J.HARLE

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