épisode 4/6 : La pauvreté de la réflexion du P.L.U.
03 févr. 2011Autre chapitre, autres divergences d’analyses.
Quand on parlait de superficialité édifiante, elle frise dans ce cas précis l’intoxication et la propagande la justification l’emportant sur la véracité. Montrer que l’avenir sera plus radieux au point que nous devons nous y préparer sans quoi nous serions débordés : débordés de quoi ? D’emplois et de demandes de logements.
On nous annonce « des perspectives de développement économiques nombreuses », fichtre lesquelles ? Les 3 000 emplois de la BA 112 de Reims qui seraient amenés à se redéployer sur Saint-Dizier. Pour rappel, le plan Armée-Nation prévoit des économies d’échelle en fermant les bases. La BA 112 représentant aujourd’hui de l’ordre de 1 500 emplois, nous doutons fort que tous les personnels soient mutés à Saint-Dizier et seraient en plus demandeurs de logements à Vitry-le-François.
La Z.A.E. [zone d’aménagement économique] de Loisy-sur-Marne à terme développerait entre 500 et 1 000 emplois. Le bois Legras, 100 emplois (à la louche),…
Dans ce cas, s’il suffit de disposer de disponibilités foncières pour additionner les emplois. Pourquoi ne pas maintenir la zone Nithart en zone UF pour y accueillir de futurs artisans ou P.M.E.
Si comme il est conclu dans le P.L.U. les perspectives d’évolution sont multiples (Bigre, lesquelles, on brûle d’impatience de les connaître !) ; le P.L.U. serait bien inspiré de pouvoir y répondre !?
Il faut aussi être honnête et s’intéresser d’abord au tissu économique actuel, qu’il importe de conforter. Aucunes indications ne nous sont données sur les stratégies industrielles des plus grandes entreprises du territoire et de leurs retombées en matière d’emplois dans les 5 années à venir. Années qui correspondent à peu près à un cycle industriel. Quel sera à cette échéance le solde de leurs effectifs ? Elles qui représentent 7,2 % des entreprises du pays vitryat, mais 30 % des effectifs. Elles ont vu chuter de 22 % leur effectif entre 2000 et 2008. Ces entreprises restent et de loin en effectif les premiers employeurs (ratio emplois / entreprises). Pour la plupart leurs centres de décision sont à l’étranger (Allemagne, Turquie, Inde, Italie, USA, Liban,…) ce qui les éloignent de notre institution et les rends particulièrement indépendantes des pouvoirs locaux et du pouvoir tout court.
Cette situation avérée doit pondérer l’optimisme dont il est fait preuve dans le P.L.H. Notre voie là encore doit-être d’observer et de constater que notre richesse première, plus difficile à délocaliser, mais qui s’exporte, c’est notre formidable réseau des artisans, des commerces, PME et PMI dont les effectifs et le nombre se sont maintenus et même ont légèrement augmentés. C’est aujourd’hui 70% des emplois du bassin vitryat.
Et si du foncier doit être aménagé, si une attention particulière doit être portée, c’est bien à cette catégorie des acteurs économiques de notre société qu’il faut penser.
Pourquoi ne pas avoir intégrer un autre domaine, dont nous nous sommes fait une spécialité : un établissement spécialisé dans les dépendances.
Les autres articles sur la saga du P.L.U. :
- Le contexte vitryat et les ratés de la rédaction du P.L.U.
- La pauvreté des orientations particulières d’aménagement
- Les occasions manquées du P.L.U.
- Les ratés de la concertation et de la délibération du P.L.U.
- La pauvreté de la réflexion du P.L.U.
- Notre analyse : Quelle philosophie pour le P.L.U. ? Quel avenir pour Vitry ?