"Dououce nuit..."
20 janv. 2010Les fêtes de fin d’année ont été marquées par un calme relatif au plan des faits divers qui émaillent maintenant de façon constante chaque festivité : voitures brulées, dégradation des biens publics etc. Nul doute que la majorité municipale tentera d’expliquer cela par ce qu’elle appelle la « prévention » et qui se résume en une sorte d’écoute bienveillante des « jeunes à problèmes ». Ne confondons pas. Ces programmes destinés à expliquer les contraintes, les interdits de la vie citoyenne, mais aussi les droits et les bénéfices que chacun peut tirer du respect des règles de la vie sociale sont du domaine de l’éducation, et non de la prévention.
L’éducation était initialement dévolue au cercle familial, mais devant la démission de celui-ci, l’éducation a été assistée d’abord par l’école, qui instruit et éduque, puis par les collectivités locales, qui ont du suppléer pour le bien de tous aux carences de la sphère privée.
C’est ainsi qu’un corps de travailleurs sociaux s’est progressivement professionnalisé pour répondre aux besoins nouveaux crées par la défaillance du cercle familial, l’école à elle seule ne pouvant suffire à accomplir cette tâche de plus en plus importante.
Ces travailleurs sociaux doivent expliquer les règles, mais aussi expliquer l’amour, l’humanité afin de permettre un développement harmonieux des jeunes, fin que le cadre social dans lequel ils évoluent et qui doit être respecté ne soit pas vécu comme un carcan. « Vaste programme » pour paraphraser le Général ! Et il ne suffit certainement pas de conseiller à nos post-adolescents ou jeunes adultes de« remettre leur casquette à l’endroit » afin de pouvoir se présenter de manière crédible devant un éventuel employeur (même si cela passe aussi par la !).Il faut être capable d’un travail d’accompagnement qui requiert une qualification pédagogique et psychologique associée à des qualités humaines. Bref, il faut des professionnels exerçant leur métier avec cœur et compétences.
Cette tache éducative ne peut pas être confiée à un moniteur de sport quelque soit sa bonne volonté car il n’a pas les compétences requises. C’est pourtant ce que la municipalité entérine à travers le financement via des associations sportives de contrats CDI attribués à qui on sait. Mais les journaux en en ont assez parlé et je ne veux pas relancer cette polémique. Simplement pointer que le travail éducatif à la charge de la collectivité requiert un grand professionnalisme. Et ajouter que ces actions sont sous l’autorité du conseil général, qui est bien chiche pour attribuer des financements à Vitry au regard de ce qui est fait dans les autres cités de la Marne.
Au fait, n’avons-nous pas à la tête de notre municipalité un et même deux éminents conseillers généraux ? Allons, monsieur Bouquet, faites un geste pour sauver Vitry, vous, le sauveur de la Marne ! Si vous y parvenez, vous pourrez peut-être prétendre à la médaille de sauvetage, « la plus belle, mais la plus difficile à obtenir lorsqu’on n’est pas marin pompier breton » comme disait Michel Audiard.
Mais revenons à nos fêtes de fin d’année, et à leur tranquillité. Cela nous le devons à la prévention, c'est-à-dire à la mise en œuvre d’un ensemble de moyens et d’actions qui ont pour but de protéger la société. Si nous avons observé un moindre taux d’incivilités qu’à l’accoutumée en cette période de noël cela est bien lié à une augmentation (hélas) temporaire des effectifs de gendarmerie. Pour la période qui s’annonçait comme « à risque » de débordements, la brigade de gendarmerie de Vitry s’est étoffée de 15 militaires supplémentaires, qui ont permis d’accroitre l’efficience de la surveillance de notre ville et donc à nos concitoyens de ne pas voir cette période festive gâchée par des actes malveillants. Cette prévention lorsqu’elle est accompagnée de l’information c’est le contraire de l’hypocrisie. Il faut avoir le courage d’expliquer à la population ce qu’on fait, pourquoi on le fait et pourquoi on choisit de mettre en œuvre tel ou tel moyen. Quel est le résultat attendu.
Au passage, cette efficacité sur le terrain de l’action de la gendarmerie lorsqu’elle est dotée d’un effectif suffisant démontre la justesse de notre analyse lorsque nous évoquions lors de la dernière campagne municipale la nécéssité d’un renforcement des acteurs du maintien de l’ordre. Cette analyse n’était pas fondée sur un argument électoral sécuritaire comme l’avaient annoncé bien démagogiquement nos adversaires de l’époque. Elle était fondée sur une connaissance du terrain, et éclairée par l’expérience de ceux d’entre nous qui ont vécu voici quelques années le transfert de la police à la gendarmerie et qui s’élevaient déjà et à juste raison contre le fait que ce remplacement s’accompagne d’une diminution des effectifs associée à un élargissement des tâches. La preuve est faite : il faut avoir le courage de mettre en œuvre les moyens adaptés à la tâche assignée. Cela veut dire qu’il faut avoir le courage de reconnaître la nature et l’ampleur de la tâche. Et ne pas stigmatiser au nom d’une idéologie faussement humaniste ceux qui osent en parler.
Félicitons nous donc d’avoir pu passer en 2010 dans ce calme relatif. Oui, relatif, car les incivilités n’ont pas pu toutes être évitées. Et surtout félicitons les gendarmes, qui sont restés en alerte, qui ont veillé sur notre tranquillité en cette période. Remercions les chaudement pour le travail accompli, ce travail de prévention au sens noble du terme, qui est la conjonction d’action et de moyens. Et laissons les mots au travail éducatif.