11 novembre 2010 à Vitry-le-François
21 nov. 201011 novembre 2010, Vitry-le-François, 11h00 du matin. L'avenue Moll est fermée par la police municipale le temps du défilé à la mémoire des soldats de la Grande guerre. Tournant le dos à la place Giraud je me dirige vers le centre-ville. Toutes les boutiques sont fermées à l'exception des boulangeries et de l'épicerie de proximité, ainsi que de quelques cafés. Avec la fraîcheur de la température, cela n'incite pas à flâner dans les rues. J'ai vraiment l'impression d'une ville morte.
Je suppose que le député et le maire en tête du cortège commémoratif ont d'autres préoccupations que la désaffection de la population pour la ville. Lorsqu'elle ne sera plus qu'un bourg, ils viendront tout de même aux commémorations. À moins bien sûr que les opportunités politiques ne leur offrent des fonctions à la hauteur de leurs ambitions qui dépassent certainement ce que peut leur offrir la ville de Vitry-le-François.
Je me rends au supermarché Leclerc : le parking est plein. Dans le magasin je rencontre de nombreuses connaissances. Finalement, la vie est là, dans ces temples de la consommation !
Traversant à nouveau le centre-ville, toujours aussi désert, dans l'autre sens, je me rappelle le projet de Michel Biard : aménager les halles, les fermer de portes vitrées laissant passer la lumière et la vue pour en faire un lieu dédié aux métiers de bouche. La faisabilité étudiée, un avant projet avait même été chiffré, il restait à s’assurer de la protection des portes vitrées. Si une offre de légumes de qualité, de boucherie, de charcuterie existait de façon pérenne dans le centre de Vitry, cela recréerait une animation, une vie au cœur de notre ville. Peut-être même que le passage des clients allant acheter leurs produits alimentaires inciterait les commerçants Vitryats a ouvrir leurs magasins en ce 11 novembre (comme dans beaucoup d’autres villes).
Cette date qui commémore la victoire de la foi en l’avenir sur l’horreur destructrice et imbécile dont les hommes sont trop souvent capables, redeviendrait un moment de partage et d'échanges, un moment où pourrait s'exprimer la force de la vie au sein d’une collectivité en paix pour laquelle mon arrière-grand-père a combattu et tant de ses camarades sont tombés.
JP.G